Cougar

le lauréat filmAu sens propre, le cougar (ou couguar) désigne le puma, un animal spécifique du continent est-américain. La femme cougar tient son nom du prédateur, qui est difficile à observer mais obtient toujours sa proie. Le terme désigne donc une femme mûre qui recherche et séduit des hommes beaucoup plus jeunes : le mot a fait une entrée très remarquée dans le Petit Robert en juin 2011.
L’origine du terme serait attribuée à l’équipe canadienne de hockey sur glace des Vancouvers Canucks dans les années 80, pour désigner des supportrices plus âgées que les joueurs, qui s’intéressaient à eux. Une première trace écrite daterait de 1999 avec la création d’un site de rencontre canadien, le « Cougardate.com ».
Puis Valérie Gibson a publié en 2001 une nouvelle sur le sujet, reprise par le Toronto Sun, et suivie en 2002 d’un livre intitulé Cougar: a guide for older women dating younger men. Elle y raconte ses nombreuses aventures avec des hommes plus jeunes qu’elle et donne des conseils aux femmes susceptibles d’être intéressées. La diffusion de la série télévisée Cougar Town créera un pic de retombées médiatiques en 2009.
Certains diront qu’il s’agit d’un acte supplémentaire de libération et d’émancipation de la femme : « les femmes cougar n’ont plus à se cacher », « elles sont libérées du qu’en-dira-t-on», « les hommes ne sont pas seuls à préférer les attraits de la jeunesse », « les femmes se permettent de douter de la virilité des hommes plus âgés »…
Pour d’autres, c’est plutôt le contraire (cf. article Libération, 2009) : « La femme Cougar, un non-évènement, une accumulation de clichés tendant à faire percevoir ces cas de différence d’âge comme un phénomène de société absolument renversant, mêlé d’une misogynie tout aussi renversante ! » Si, depuis les années 80, le comportement sexuel des femmes peut être identifié à celui des hommes, pourquoi accepter une définition au féminin alors qu’il n’y a jamais eu le besoin depuis des siècles de qualifier les préférences d’âge de la part de la gent masculine ?
N’est-ce pas finalement une réminiscence d’un plus profond machisme ? Derrière les préférences des hommes pour des femmes plus jeunes se cache un formidable alibi, celui de l’instinct et de la nécessité de procréation. Sous le couvert de cette nécessité, la recherche pour les hommes de femmes plus jeunes devient légitime ; mais elle continue de choquer chez les femmes, la sexualité pour les femmes mûres n’ayant plus de raison d’être officiellement valable ?
N’est-ce pas aussi révélateur de la peur du changement profond de l’équilibre des relations hommes/femmes ? Si les femmes se mettent à chasser, qu’est devenu le lion qui régnait sur les femelles ? Au jeu de la chasse, cougar, puma, lionceau, rhino, il semble que tout le monde y perde, en respect en tous cas. Et si l’on revenait à… il n’y a pas d’âge pour s’aimer.

Illustration : affiche du film Le Lauréat – DR

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