Elsa Triolet

Elsa Kagan, Laurent Daniel et Elsa Triolet ne sont qu’une seule et même personne ! On se doit d’ajouter femme de Louis Aragon. Autant de noms et de liens qui font écho à une vie marquée par un grand attachement à la Russie, un réel engagement pour la liberté, un besoin d’écriture et son amour pour Louis Aragon. Née à Moscou dans une famille bohème et intellectuelle, elle quitte la Russie pour la France en 1918.
Mariée brièvement à un officier français (19-21), André Triolet, elle traverse une période d’errance qui l’emmènera de Tahiti à Paris, Berlin, Moscou, Londres, à l’écriture (Fraises-des-bois et Camouflage), aux surréalistes (Fernand Léger et Marcel Ducamp) et surtout à Louis Aragon dont elle devient la muse, l’inspiratrice et l’épouse en 1939.
1939 marque aussi l’entrée en résistance du couple dans la zone Sud ainsi que la rédaction et la diffusion de journaux clandestins. Elle écrit des nouvelles publiées aux éditions de Minuit qui obtiendront sous le titre Le premier accroc coûte 200 francs le prix Goncourt en 1944.
Après la guerre, elle voyage avec Aragon dans les pays dits socialistes et reste fidèle à un idéal communiste jusqu’en 1957 où elle exprime sa critique du stalinisme dans Le monument et dès 1963 s’activera pour faire traduire et paraître le roman d’Alexandre Soljénitsyne Une journée d’Ivan Denissovitch.
Elle meurt en juin 1970, laissant derrière elle une œuvre importante écrite en russe et en français. Elle repose aux côtés d’Aragon. « Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous unira pour le meilleur et pour le pire dans cet avenir qui était notre rêve et notre souci majeur. »

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