Libération

Affranchir l’esclave, délivrer quelqu’un d’une dette ou d’une obligation ou faire sortir un(e) détenu(e) de prison, c’est cela qu’on appelle « libérer ». Il y a un avant et un après : on est soumis, puis on ne l’est plus. La libération est un acte unique, transformateur. Mais comme il est vrai que tout est plus difficile pour les femmes, leur libération est un long processus, un chemin escarpé semé d’embûches dont l’aboutissement n’est jamais certain.
Et puis, qui est le libérateur ? A-t-on déjà vu un prisonnier se libérer lui-même ? Il devient alors un évadé, qui fuit ses gardiens et vit dans la clandestinité. Et puis, que faut-il libérer, quand on ne voit pas les chaînes, quand la prison a des murs et des plafonds de verre ? Libération des mœurs, libération des esprits, libération de la parole publique ? Et puis, pourquoi se libérer ? Espère-t-on seulement la parfaite équité avec les hommes, comme si ces derniers représentaient l’horizon ultime de nos rêves ?
Et si la libération de la femme tirait sa richesse même de n’être qu’un mouvement, jamais suspendu, de conquête progressive de libertés humaines, un étroit sentier qui sinue entre (et malgré) les contraintes extérieures et les nécessités intérieures ?


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