Mata-Hari

Margaretha Zelle naît dans une famille aisée de commerçants néerlandais dans laquelle elle reçoit une solide éducation. Très jeune, son teint foncé intrigue ses compatriotes qui la pensent souvent eurasienne. Suite au revers de fortune de son père et au décès de sa mère, elle se marie au capitaine McLeod, de 20 ans son aîné, et s’installe aux Indes néerlandaises, où elle se fait remarquer en s’habillant à la javanaise et en apprenant la langue locale.
À son retour en Europe après la mort tragique de son fils empoisonné par une maîtresse de son mari, elle divorce. Pour subvenir à ses besoins, elle commence à se produire dès 1905 à Paris dans un numéro d’effeuillage sous les traits d’une danseuse javanaise prénommée Mata Hari, « l’Œil de l’Aurore » en malais. En 1916, elle tombe amoureuse d’un capitaine russe de 20 ans son cadet.
En échange d’un laissez-passer lui permettant de se rendre à Vichy au chevet du soldat blessé au combat, elle s’engage à espionner le prince héritier de l’empire allemand pour le compte de la France, en se servant de ses relations internationales, de son don pour les langues et de sa capacité à se déplacer librement en raison de la neutralité des Pays-Bas.
De plus en plus proche de grands notables allemands, elle est interrogée par les services anglais et français qui la soupçonnent d’être un agent double en raison d’une somme importante qui lui a été versée par un général allemand. Elle se défend de crime de haute trahison en invoquant un « remerciement pour ses faveurs » mais sera jugée coupable à l’issue d’un procès instruit à charge et fusillée à Vincennes le 15 octobre 1917.
Celle dont la trahison n’a jamais été formellement démontrée est devenue un mythe, tant elle incarne une Ève des temps modernes : intrigante, courtisane, libre, mystérieuse, elle est forcément coupable, comme dans le mythe originel, d’avoir cherché à précipiter l’homme à sa perte.

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