Oriana Fallaci

Essayiste et journaliste italienne, elle a vécu par son engagement personnel toutes les grandes « batailles » guerrières, politiques et sociales de la seconde moitié du xxe siècle. Une vie de roman. Fille d’un anti-fasciste résistant à Benito Mussolini, elle rejoint pendant la deuxième guerre mondiale, à seulement 14 ans, le réseau armé « Giustizia et Liberta » et fait passer les prisonniers échappés sur le front allié.
C’est son premier contact avec la guerre. Elle retrouvera plus tard les champs de bataille en qualité de correspondante de guerre au Vietnam pour le journal l’Europeo. Ses articles d’entretiens avec des soldats américains, achetés par toute la presse internationale, sont repris dans La vie, la guerre et puis rien (Laffont, 1970). C’est d’ailleurs sa technique d’entretien originale cherchant  à montrer les contradictions des interviewés, qui explique ses rencontres diverses et riches avec des figures du cinéma (Anna Magnani, Marcello Mastroianni, Federico Fellini, Paul Newman, Alfred Hitchcock…), des chefs d’États et des personnalités internationales : Henry Kissinger à qui elle fait admettre que la guerre du Vietnam a été inutile ou l’Ayatollah Khomeini devant qui elle enlève son foulard. On retrouve ses témoignages dans Entretiens avec l’histoire (Flammarion, 1992), Un homme (Grasset, 1981).
Partie prenante de tous les sujets du xxe siècle, elle s’engagera en tant que femme sur le rôle de la femme dans la société (Le sexe inutile, Julliard, 1961, Pénélope à la guerre, La Table ronde, 1963), sur l’avortement (Lettre à un enfant jamais né, Flammarion, 1973) et, plus récemment, sur l’islam et le terrorisme où ses positions extrêmes passeront pour du racisme et l’isoleront.
Une vie commencée à gauche de l’échiquier et qui se terminera en 2006 après une longue maladie en « athée dévote » (mouvement intellectuel italien prônant la nécessité pour l’Europe de renouer avec ses racines chrétiennes)… Oriana Fallaci a donné à l’université du Latran tout son patrimoine culturel. Traduite dans plus de 21 langues, ses écrits ont été primés à plusieurs reprises (prix Saint-Vincent du journalisme, prix Bancarella, prix Viareggio, prix Antibes).

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