Règles

Tragiques (nourrir le traître, repousser les Boers, voir les Anglais débarquer, avoir les Garibaldiens…), fleuries (avoir ses fleurs, ses coquelicots…), colorées (avoir les peintres, traverser la Mer rouge, repeindre sa grille en rouge, avoir ses parents de Montrouge…), culinaires (écraser ses tomates, cuisiner ses rougets, manger de l’onglet, avoir le melon qui se fend…), mondaines (avoir Jacques en journée, avoir la visite d’un cousin, de sa tante Charlotte, voire en Italie, d’un marquis…), lunaires (payer son tribut à la lune, avoir ses lunes…), enfantines (avoir ses ragagnas, avoir ses mickeys…), il y a mille et une façons d’être « indisposée », « empêchée », « gênée », mais toujours « en catimini » (du grec « katamênia », menstruation) !
Car avoir ses règles a toujours été et demeure tabou. Le sang féminin (« cataménial ») est tabou car il est lié à la vie et à la mort, au pouvoir d’enfanter qui demeure latent, mais qui fonde la « valence différentielle des sexes », principe structurant de toutes les sociétés selon Françoise Héritier (Masculin, Féminin. La pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996).
Certes tabou dans les sociétés dites primitives qui isolent les femmes menstruées, impures, et leur interdisent nombre d’activités, mais tabou également dans nos sociétés dites modernes : autrefois accusées de faire tourner le vin, de stériliser les semences ou de faire se ternir les miroirs, les femmes menstruées sont encore aujourd’hui considérées comme « lunatiques », irritables ou encore… incapables de faire monter des mayonnaises !


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